Page d'accueil | 2005-11 »

22 octobre 2005

[Bien] Plus que

Plus qu'une envie... une nécessité,

Plus qu'un besoin... un désir,

Plus qu'un rêve... une réalité,

Plus qu'une voix... une présence

Plus que des objectifs... des projets,

Plus qu'une joie... un bonheur...

02 octobre 2005

[Réminiscences...]

J'avais 12 ans, peut-être 13. Je ne me souviens ni de la date, ni des circonstances, caprice de la mémoire qui efface à volonté... Je n'ai de ce jour là que le souvenir de mots "accident... décédée..." c'était ma belle-soeur, mon frère l'accompagnait. Leurs 4 enfants n'étaient pas avec eux...

J'avais 15 ans, je m'en souviens. Ce frère rescapé qui entre dans ma chambre et vient me dire deux mots d'excuse pour la gêne occasionnée par ses enfants, alors accueillis par mes parents. Etrange échange, de
deux êtres que 20 ans séparent mais qui restent unis par un lien particulier, sans vraiment se connaître...

Je me souviens du jour qui a suivi. C'était un dimanche, il y a bientôt 24 ans. Il a disparu. Sa mort fut constatée 2 jours plus tard, un mardi 13... Je me souviens de l'heure, des circonstances, des moindres détails. Je me rappelle de mes parents isolés, en pleurs. Je me souviens de mes sensations, minute par minute... je me souviens avoir eu peur des 13. Pendant très longtemps le 13 me portera malheur. Etant la 14ème devenais-je alors la "n°13" ? Bêtise des chiffres qui ne veulent rien dire finalement mais que l'on traîne malgré soi des années durant.

Pourquoi repenser à celà, tout de suite, maintenant ?

Peut-être parce qu'aujourd'hui, une nouvelle fois, je me suis trouvée dure comme le marbre, froide comme l'acier, sévère, terriblement sévère... juste parce que j'étais inquiète, juste parce qu'un appel qui devait me rassurer a provoqué une sensation lointaine : celle du soulagement mêlé à une angoisse remontant très loin dans mon passé.
L'absence de nouvelle ne rime que trop avec malheur chez moi. Comme si c'était écrit, forcé, évident. Comme si, à chaque fois, seul le pire pouvait arriver.

Dans mes rêves j'aurais soupiré, j'aurais réconforté et j'aurais pris sur moi. En fait non. Je suis devenue comme une boule qui se hérisse et je fais des reproches à qui attend amour et compréhension... Blindage tellement épais, à force de prendre des coups ; peur d'une souffrance que je ne saurais pas gérer ? Sûrement... J'esquive depuis ce temps-là toute souffrance, toute attaque d'où qu'elle vienne en m'enfouissant dans une super carapace où tout ne fait que ricocher. Je ne veux plus souffrir, je m'y refuse. Je me protège comme je le peux : en
m'anesthésiant pour ne pas plonger. Parce qu'il m'a fallu du temps, beaucoup d'années pour remonter de ce trou là et que pour rien au monde je ne veux y retourner. Alors je m'endurcis quand je voudrais m'adoucir. Je scalpe quand je souhaiterais réconforter. Je réagis à l'opposée de ce que je voudrais par réflexe. Repousser l'angoisse en piquant l'autre pour éviter de l'être soi-même.

Dans le sommeil de ma nuit, sa voix enjouée m'a réveillée "je t'aime, je voulais te le dire : je t'aime, je t'aime ! et je voulais que tu le saches : tu es la femme de ma vie !" J'entends son sourire à défaut de le voir, je devine ses lèvres ourlées que j'ai envie d'embrasser... Je me maudis d'avoir été si dure un peu plus tôt dans la journée. Je m'en veux d'être parfois si cassante... et je constate que malgré tout, malgré ça, il reste le même : tendre et affectueux, joyeusement amoureux. C'est comme s'il n'avait rien remarqué... il m'a déjà pardonné...

Je sais, je sens, que c'est par là que j'arriverai à changer... Que peu à peu le blindage s'amenuisera... Il a trouvé le chemin que je refusais de regarder... Il a percé la carapace, la balle a atteint le coeur...

[Magie de l'amour...]